Alzheimer : adapter le quotidien sans mettre en échec

Catégories : Maintien à domicile
Alzheimer : adapter le quotidien sans mettre en échec

Avec la maladie d’Alzheimer, des gestes jusque-là simples peuvent progressivement devenir plus difficiles. S’habiller, préparer un repas, retrouver un objet ou suivre plusieurs étapes demandent parfois davantage de temps ou d’aide.

Pour les proches, le réflexe est souvent d’intervenir rapidement pour éviter l’erreur ou gagner du temps. Pourtant, lorsque cela reste possible et sans danger, laisser la personne participer permet de préserver ses capacités, ses habitudes et son sentiment d’être actrice de son quotidien.

L’enjeu n’est donc pas de la laisser seule face à ses difficultés, mais de trouver le bon niveau d’aide : accompagner sans faire systématiquement à sa place.

Pourquoi certaines activités deviennent-elles plus compliquées ?

La maladie d’Alzheimer ne concerne pas uniquement la mémoire. Elle peut également perturber l’organisation d’une action, la compréhension d’une consigne, l’orientation ou la capacité à enchaîner plusieurs étapes.

Une personne peut par exemple savoir encore se préparer un café, mais ne plus savoir dans quel ordre prendre la tasse, le café, la cuillère puis faire fonctionner la machine.

Face à ce type de difficulté, répéter « mais tu sais le faire » ou reprendre immédiatement la tâche peut créer de la frustration et conduire progressivement à l’abandon de certaines activités.

Il est souvent plus utile de chercher où se situe la difficulté et d’adapter seulement cette étape.

Ces changements peuvent également faire partie des signes de perte d’autonomie observés progressivement dans le quotidien.

Simplifier sans supprimer

Une activité devenue difficile n’est pas forcément une activité devenue impossible.

Pour continuer à participer à la préparation d’un repas, une personne peut ne plus être en mesure de suivre seule toute une recette mais encore laver les légumes, mélanger une préparation ou mettre la table.

Pour l’habillage, il peut être utile de préparer les vêtements dans l’ordre plutôt que de réaliser l’ensemble de l’habillage à sa place.

Cette façon d’accompagner permet de préserver les gestes encore acquis et de maintenir une participation active dans les activités du quotidien.

France Alzheimer recommande notamment d’aider la personne à agir par elle-même en simplifiant ou en décomposant les tâches plutôt qu’en faisant systématiquement à sa place.

Une consigne à la fois

Plus une consigne comporte d’informations, plus elle peut devenir difficile à suivre.

« Va chercher ton gilet dans la chambre, mets tes chaussures et prends ton sac » demande de mémoriser plusieurs actions successives.

Il peut être plus simple de commencer par :

« Va chercher ton gilet. »

Puis d’attendre que cette étape soit réalisée avant de proposer la suivante.

Il est également important de laisser du temps. Une hésitation ne signifie pas nécessairement que la personne ne sait plus faire. Quelques secondes supplémentaires peuvent parfois lui permettre de retrouver seule le geste attendu.

Conserver les habitudes et les repères

Les habitudes constituent des repères précieux.

Garder les objets couramment utilisés au même endroit, conserver certaines routines ou éviter de modifier inutilement l’organisation de la maison peut faciliter le quotidien.

L’environnement peut également être simplifié. Sur un plan de travail, par exemple, trop d’objets visibles peuvent rendre plus difficile l’identification de celui dont la personne a besoin.

Il ne s’agit pas de transformer entièrement le logement, mais de limiter ce qui crée inutilement de la confusion.

Lorsque l’environnement lui-même devient une source de difficulté, une adaptation du domicile peut permettre de retrouver des repères plus simples et plus sécurisants.

Le choix peut lui aussi être préservé tout en étant simplifié. Au lieu de demander « Qu’est-ce que tu veux porter aujourd’hui ? » devant une armoire entière, proposer deux tenues permet à la personne de continuer à décider sans être confrontée à trop d’informations.

Continuer à faire ce qui a du sens

La maladie ne doit pas faire oublier les activités que la personne apprécie et les rôles qu’elle a toujours occupés.

Jardiner, plier du linge, cuisiner, bricoler, écouter de la musique, promener le chien ou participer à la préparation de la table peuvent rester des activités importantes.

Elles ne servent pas uniquement à « occuper » la personne. Elles contribuent à maintenir des habitudes, des gestes familiers et une place dans la vie quotidienne.

L’important est d’adapter l’activité au fur et à mesure de l’évolution des capacités, sans rechercher la performance.

Quand l’ergothérapeute peut-il aider ?

Lorsque les difficultés deviennent plus fréquentes, il n’est pas toujours simple pour l’entourage de savoir ce que la personne peut encore faire seule, ce qui doit être sécurisé ou ce qui nécessite une adaptation.

L’ergothérapeute observe les activités du quotidien, les capacités de la personne et son environnement. Il peut proposer des modifications dans l’organisation d’une tâche, des repères plus adaptés, des aides techniques ou des aménagements du logement.

Chez Bulle Santé, cette approche s’inscrit dans un objectif de maintien de l’autonomie et de l’indépendance, en tenant compte des capacités, des habitudes de vie et de l’environnement de chaque personne.

L’objectif reste toujours le même : apporter suffisamment d’aide pour éviter une situation d’échec ou de danger, tout en préservant ce que la personne peut encore réaliser elle-même.

La Haute Autorité de Santé décrit également les interventions d’ergothérapie et de réadaptation pouvant être proposées à domicile aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée.

En conclusion

Avec la maladie d’Alzheimer, accompagner ne signifie pas forcément faire à la place. Simplifier une activité, donner une consigne à la fois, laisser davantage de temps et conserver des repères familiers permettent souvent de faciliter les gestes du quotidien.

Chaque personne et chaque situation étant différentes, les adaptations doivent évoluer avec les besoins et les capacités.

Préserver l’autonomie, c’est aussi continuer à laisser une place aux choix, aux habitudes et aux activités qui ont du sens.

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